Joseph Tux
Qui sait encore, qui se souvient de ces temps honnis de la « colonie pénitenciaire pour mineurs délinquants de Belle-île en mer ?

Révolte

Jacque Prévert : Chasse à l’enfant
mardi 31 octobre 2017 par Joseph Tux

Qui sait encore, qui se souvient de ces temps honnis de la « colonie pénitenciaire pour mineurs délinquants de Belle-île en mer ?

Qui sait encore, qui se souvient que ce poème de Jacques Prévert, n’est que le simple récit dérangeant d’une réalité qui, elle, ne dérangeait pas grand-monde ?

Combien, plus nombreux chaque jour, sont prèts, de nouveau à justifier ces mauvais traitements institués aux enfants et aux perdants de plus en plus nombreux à se retrouver enfermés, isolés, voire attachés en psychiatrie.

Il est désormais de nouveau acquis que ces pratiques barbares qui n’ont évidemment plus rien à voir avec le soin, soient rendus acceptables, « en dernier recours », fausse limite pour lever officiellement un interdit fondamental, celui de la violence sur les plus souffrants.

On trouve aussi le retour de la violence instituée dans l’éducation spécialisée, où la « baffe éducative » se masque derrière des théories simplistes, celle de la « sanction réparation » dont les dérives semble-t-il ne se sont pas faites attendre.

Les pires tragédies de l’histoire tendent à se répéter d’autant plus qu’on les oublie, les ignore, les méprise.

Il avait dit J’en ai assez de la maison de redressement
Et les gardiens à coups de clefs lui avaient brisé les dents
Et puis ils l’avaient laissé étendu sur le ciment

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

Maintenant il s’est sauvé
Et comme une bête traquée
Il galope dans la nuit
Et tous galopent après lui
Les gendarmes les touristes les rentiers les artistes

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

C’est la meute des honnêtes gens
Qui fait la chasse à l’enfant
Pour chasser l’enfant pas besoin de permis
Tous les braves gens s’y sont mis

Qu’est-ce qui nage dans la nuit
Quels sont ces éclairs ces bruits
C’est un enfant qui s’enfuit
On tire sur lui à coups de fusil

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

Tous ces messieurs sur le rivage
Sont bredouilles et verts de rage

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

Rejoindras-tu le continent rejoindras-tu le continent
Au-dessus de l’île on voit des oiseaux
Tout autour de l’île il y a de l’eau.


Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 21 / 59533

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Divers  Suivre la vie du site J’aime   ?

Site réalisé avec SPIP 3.1.6 + AHUNTSIC

Creative Commons License